05/07/2015

CANNE & CAPITAINES SAINT FIACRE / Hyon - Mons / Cannes & Traditions

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Ducasse des Capitaines Saint Fiacre

Cette année 2016 

la ducasse devrait avoir lieu le Weekend du 28 août 

Les Capitaines étaient fêtés le dimanche le plus proche du 30 août.

(maintenant le quatrième dimanche d'août).

 

Fichier:Armoiries-hyon.jpg

Hyon

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Folklore & Traditions de la Région de Mons

 

Capitaine & Dame de Place -St-Fiacre 100Ko

Illustration de Marius Renard - "Le Borinage"

 

Les Capitaines Saint-Fiacre et Dames de Place   

 

A peine à une lieue de Mons,  à Hyon, vers la fin août,  résonne la Ducasse Saint-Fiacre.

Elle a lieu, le dimanche qui se rapproche le plus du 30 août. Ces festivités sont marquées par l’ancienne confrérie Saint-Fiacre. Elle existait déjà au XVIIè siècle à Havré en l’église Saint-Nicolas et pourtant, le Capitaine devait résider à Hyon.

Un peu d’histoire

Cette tradition est, sans doute, bien plus ancienne. Saint-Fiacre a vécu au VIIè siècle et mourut en l’an 670. D’origine irlandaise et issu d’une famille noble, il fait partie du grand mouvement d’évangélisation entrainant beaucoup de ses compatriotes sur le Continent.

Ce moine, nommé Fèbre, s’arrête àMeaux et reçoit l'évêque Faron (plus tard Saint-Faron) un petit terrain  au cœur de la forêt de Breuil pour s’y installer comme anachorète(religieux contemplatif qui se retire du monde). Fèbre y bâtit son ermitage en dévotion à la vierge et y vit dans la prière et l’austérité. On lui prête des nombreux miracles et les pèlerins, nombreux, lui rendent visite.

(Il était connu pour guérir les chancres, les cancers et plus particulièrement les hémorroïdes « mal de St-Fiacre ».

Notre moine demande à son évêque un terrain supplémentaire pour qu’il puisse nourrir ses visiteurs. La légende nous rapporte la réponse de son supérieur : « Je t’en accorde autant que tu pourras en labourer en un seul jour entre le lever et le coucher du soleil ».

 

Capitaine & Dame de Place -St-Fiacre gravure 2

  Gravure XVIIè siècle - Macklevie Trust Collection

L'ermite, avec une simple bêche, se mit au travail avec une telle exaltation qu’il fit tomber, dit-on, d’énormes chênes. Une autre interprétation le décrit traînant son bâton à toute allure laissant, derrière lui, un terrain profondément labouré et des arbres déracinés délimitant son nouveau territoire.

Il réalise ses vœux et agrandit son monastère, y construit un vaste jardin pour y cultiver fruits et légumes pour les indigents. Ensuite bâtit un hospice pour les malades de plus en plus nombreux à le visiter et donne une place importante à la culture des plantes médicinales.Après sa mort, les pèlerins affluent au Monastère.

Capitaine & Dame de Place-tresor-cathedrale-treguier
Canonisé, Saint-Fèbre devient Saint-Fiacre.

 

Il est représenté en moine avec pour attributs, une bêche dans la main droite et un livre dans la gauche ; parfois, un arrosoir est ajouté à ses pieds.

(En réalité, ce n’est qu’aux  XIVè siècle que le célèbre bâton, celui du miracle, devient une bêche.) 

 

  Trésor - Cathédrale de Tréguier 88888

 

          

 

... et à HYON ?

Depuis le Haut Moyen-âge, on vénère Saint-Fiacre, en Brie dans un premier temps, mais très vite il devient un des saints les plus populaires de France et sa notoriété va dépasser les frontières, jusqu’en Rhénanie. Depuis le Xè siècle on le célèbre traditionnellement le 30 août.

Capitaine & Dames - Pays de Brie

Donc cette année, à Hyon, si les Capitaines sont toujours en forme, ces festivités auront lieu entre le mercredi 27 août et le mardi 2 septembre 2008. Le dimanche, une messe célèbrera Saint-Fiacre. Les Capitaines vêtiront leur costume sans oublier le bicorne et la canne dont ils ne se séparent jamais.

 

Voici comment Achille Delattre les décrit, en 1938, dans « Histoire de nos corons » :

« Les Capitaines et les Dames de Place étaient les grandes vedettes de la ducasse. Les Capitaines, au nombre de quatre, étaient des jeunes gens bien de leur personne. Ils étaient revêtus d’un bel habit brodé d’argent, d’un pantalon blanc et coiffés d’un chapeau à plumes, le tout emprunté au théâtre de Mons moyennant une légère redevance. Ils étaient porteurs, en outre, d’une élégante canne garnie d’une cocarde blanche du meilleur goût.

Les Dames de Place étaient de petites filles de quatre à six ans, naturellement vêtues de blanc, avec un ruban de couleur éclatante dans les cheveux.

La veille, avec des petits morceaux de papier et des bouts de laine, on avait roulé leurs cheveux, préalablement mouillés de bière ; ainsi, pour la fête, elles étaient « crollées » comme de petits anges. Un petit bouquet de fleurs en main et la toilette complète était capable de provoquer l’admiration et la jalousie de tous ceux  et celles qui avaient l’occasion et le dépit de les admirer. Le petit groupe ainsi composé et costumé, avec le plus grand soin, était complété d’un jeune homme, également « pantalonné » de blanc et coiffé d’un képi de garde champêtre laissé pour compte. Pour ce motif, ainsi qu’en raison de la double charge suivante qui lui était dévolue, d’abord écarter les gênants et, en outre, récolter les « sous » destinés à couvrir les frais généraux de la fête, il portait le nom de « Champette ». Pendant tout l’après-midi, sous l’œil protecteur du « Champette », le groupe de Capitaines et Dames de Place avait la mission enviée d’ouvrir le bal populaire..."

Aujourd’hui, la confrérie des Capitaines est devenue la « Confrérie de la Licorne d’Hyon ». Elle regroupe les ex-capitaines et les futurs Capitaines, car pour en être il faut faire partie de cette Société. Dans quelques jours, en cette année 2008, ils seront encore les vedettes de la fête.  Musiciens en tête, ils passeront de bistrot en bistrot, toujours la canne à la main, entonnant le fameux « Saint Fiacre à z’artichauts » et danseront le « quadrille des lanciers ».

...Vive Saint Fiacre !

Curieux ! 

 

 Capitaine & Dame de Place -St-Fiacre-molène

- Certaines plantes ont reçu comme nom usuel « herbe de St-Fiacre ». C’est le cas de la « molène » (verbascum thapsus). On peut la considérer comme une herbe médicinale puisqu’elle sert de cataplasme pour divers soins et servait, au moyen-âge, pour guérir les hémorroïdes. Notre Saint Homme soignait, donc quoi de plus normal. 

Capitaine & Dame ,de Place-heliotrope 1

 
Plus étrange, une autre plante, l’héliotrope (Heliotropium    peruvianum), pourtant considérée comme toxique, est aussi une « herbe de St-Fiacre ». Mais elle nous arrive seulement au XVIIIè siècle, ramenée par le botaniste français Joseph de Jussieu.  Elle est donc inconnue jusqu’alors ; curieux  non ?

Mais l’héliotrope porte un autre nom : « Fleurs des Dames ».

Ceci me pousse à me poser une ou deux questions ; ces Dames ne sont-elles pas les Dames de Place ?  ... ou ... Le bouquet des Dames de Place n’étaient-ils pas composés d’héliotropes ?

Fiacre_1_


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Et le fiacre ? L'ancêtre du taxi qui apparaît au XVIIè siècle !

Non, notre Saint n’y est pour rien ou si peu. En effet, c’est à Paris, vers 1640, que Nicolas Sauvage (maître de coche d’Amiens) eu l’idée de louer des voitures hippomobiles en remplacement des chaises à porteurs. Il s’installe Rue Saint-Martin à l’Hôtel de Saint-Fiacre dont l’enseigne représentait ce saint très populaire à l’époque.

Tout naturellement, ce nouveau moyen de transport fut baptisé « fiacre »

Petite cerise sur le gâteau : aujourd’hui, Saint-Fiacre est considéré comme le saint protecteur des chauffeurs de taxis. 

Reconnaissez-vous l'un d'eux ? C'était à Hyon en 1946

 

Capitaine & Dame de Place -St-Fiacre - Hyon 1946 b

 

Capitaine & Dame de Place -St-Fiacre - Hyon 1946 a

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Je viens de recevoir de Hyon, la photo ci dessous, mais aucun renseignement ne m'a été communiqué au sujet de ce groupe. Est-elle plus tardive que les 2 précedentes ? 

Capitaines St-Fiacre - Hyon

 

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J'ai retrouvé la photo dont s'est servi  Marius Renard pour réaliser le dessin illustrant le début de mon article ; elle est de F.DRICOT

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Capitaine de Ducasse & Dame de Place -St-Fiacre 100Ko                                             Capitaine de Ducasse & Dame de Place - Obourg - F.Dricot & Cie -

...  et le hasard me fit découvrir un ouvrage collectif publié en 1902 à l'initiative de Camille Lemonnier, "le Borinage". Un des premiers, voire le premier sur cette région.

Plusieurs auteurs y collaborent : Camille Lemonnier, Marius Renard, Gonzalès Decamps, Valentin Van Hassel & Oscar Ghilain.

Il est illustré par Constantin Meunier et Marius Renard.

Grâce à ce recueil de témoignages sur la vie et les coutumes boraines anciennes, j'ai retrouvé à travers les phrases du Docteur Valentin Van Hassel un complément

d'informations quant aux Capitaines et Dames de Place de la Ducasse d'hyon.

36 ans avant Achille Delattre, le Docteur Van Hassel les appellent les "Capitaines de Ducasse".

Voici ce qu'il nous dit : 

"Cette Confrérie des Capitaines de Ducasse est indispensable car sans elle, pas d'aubades, pas de danses, pas de kermesse !

Pour être élu Capitaine, il fallait aussi faire preuve d'une grande adresse et d'une vigueur corporelle bien développée.

Quelques semaines avant les fêtes annuelles, on plantait au milieu de la Grand’ Place, une perche au haut de laquelle était fixé un gros oiseau de bois. 

Tous les concurrents venaient successivement jeter à tour de bras, une bûche -un berleingn' comme ils disaient- pour décrocher la "Biette"(1) perchée à la pointe du mât. La lutte ne se passait pas sans péripéties drôles et amusantes, ni sans échanges d'invectives acerbes et pittoresques. Mais dès qu'un adroit joûteur avait fait choir la "Biette"(1), il y avait des explosions insensées de joie, de la part des partisans. L'heureux vainqueur devenait pour toute l'année, "Mèneux de Ducasse" (2)et choisissait à sa préférence, les camarades qui devaient l'aider dans sa tâche convoitée.

Ah ! Quant au cours de la semaine qui précédait la kermesse ils arrivaient décharger sur la Place leurs chariots remplis de sapins verts, abattus dans le bois de Ghlin, c'était déjà comme de la joie, qu'ils apportaient dans les branches ! Les gamins désertaient l'école pour courir à leur rencontre et pour les suivre dans leur travail.

Aussitôt, nos Capitaines se mettaient à l'œuvre. Ils encadraient la Place de hauts sapins ; ils en plantaient deux -les plus beaux- à la porte du mayeur ; puis ils dressaient les autres près des demeures des notables de la commune. On payait cher, alors, cet honneur. Ce sapin constituait une distinction qui désignait les gens comme étant les plus huppés ; et la vanité aidant, les sapins montraient leurs têtes vertes dans toutes les rues.

Le vendredi, il s'exhalait de toutes les maisons, des odeurs appétissantes de pommes et de pruneaux cuits. Les ménagères confectionnaient leurs tartes, et bien avisées, elles semaient de la farine en croix sur le devant du tour, avant d'y introduire leurs belles pâtisseries dorées et les quelques "pagnons au chuque" (3) fabriqués avec le surplus de la pâte.

Dans les rues circulaient les marchands porteurs de hottes et de bâtons à lanière, venus de Stambruges et de Quevaucamps, criant : "piaux d'lièf ! piaux d'lapeîn !"(4) et achetant les peaux des animaux sacrifiés pour les régals prochains. Plus avant, le marchand de cerises tapait sur le dos de son baudet qui portait deux énormes paniers pleins de fruits rouges : et il hurlait à tue-tête : "A cherises ! A cherises ! Pou dou fier et des claux !"(5)

Derrière eux arrivaient les Capitaines. Ils allaient donner des aubades et collecter l'argent  nécessaire aux frais de la Ducasse. Partout, ils étaient les bienvenus. N'apportaient-ils pas déjà un peu d'allégresse et l'espoir de grosses réjouissances ? Aussi, pour eux était la première tarte retirée du four, la plus chaude et la plus odorante. On la leur faisait manger en l'arrosant de lampées de bière mousseuse.

Mais qu'ils étaient beaux, le dimanche ! Coiffés de bicornes emplumés et la taille serrée d'une large ceinture rouge frangée d'or, bien tendue sur leur redingote noir, gantés de blanc, tenant une mince badine de jonc cravatée d'une faveur rose, ils marchaient fiers, à petits pas, pour ne pas souiller la blancheur immaculée de leur pantalon.

Chacun était accompagné d'une fillette, frêle dans sa robe blanche et dans ses nœuds écarlates, qui était sa Dame de Place.

Dès le matin, précédés de leur musique, ils arrivaient à l'église, prenaient place au chœur, pour la grand'messe, et prenaient rang après les Confréries dans la procession, car ils étaient, eux, les héros du moment.

Quand ils avaient diné chez leurs Dames, mangé la saucisse aux épinards, le lapin aux oignons et le jambon traditionnel, sans compter les tartes, ils promenaient les fillettes aux cadences de leur orchestre bruyant.

Le soir venu, ils menaient les danses ; ils formaient le rond, rangeaient les quadrilles, commandaient aux musiciens et percevaient à chaque ronde une dîme légère. Leur gaieté tapageuses et leur jeunesse mettaient peu à peu en branle tous les "ducasseurs" et d'un coin de la place à l'autre, se déroulait une sarabande interminable.

Trois jours durant, ils poursuivaient ainsi leurs promenades jusqu'à la nuit avec leurs petites Dames de Place, et, toute la soirée, avec tout le village en fièvre autour d'eux, ils faisaient leurs sauts, tandis que leurs musiciens, haut perchés sur des planches, lançaient aux échos leurs entrainantes variations.

La première kermesse ainsi follement achevée, les vaillants Capitaines remisaient leurs jolis costumes jusqu'au Seint-Muchet (St Michel) : leur rôle devenait plus important encore pendant cette période, car elle se terminait le mercredi par la fameuse journée des "Durmenés"(6), à laquelle devait succéder, quinze jours plus tard, le "Raccroc (7) et le Brûlage de l'Homme de s'tragne.(8)"

Le Docteur Van Hassel nous dit au sujet des "durmenés" que ce jour là était surtout la journée des pauvres, qui pouvaient bien aussi goûter, à bon marché, aux réjouissances dont ils étaient privés le restant de l'année.

Je n'ai aucun renseignement quant aux "durmenés" de Hyon. Pour exemple, à Jemappes, ils étaient promenés sur un âne, le visage tourné vers la queue et le dernier marié de l'année était grotesquement accoutré.

(1) bête

(2) meneurs de ducasse

(3) tarte au sucre (cassonade) typique de la région de Mons et  du Borinage. En général, le pagnon se consommait au petit déjeuner. Sur cette tarte, on répartissait de la cassonade dans des trous aménagés et sur la surface mais en épargnant les bords.

(4)  peaux de lièvres ! peaux de lapins !

(5) A cerises ! A cerises ! Pour du fer et des clous !

(6) qui est mené durement.

(7) dernier acte des réjouissances / Epilogue du lundi de cette fête annuelle.

(8) homme de paille 

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Si vous avez d’autres remarques ou observations concernant Saint-Fiacre, n’hésitez pas à me les envoyer ... Merci d’avance.

(Détails ou précisions sur les festivités, changements importants au cours des années, apports récents  ...)

 

 

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à voir aussi 

Histoire/Hyon : www.obourg-augello.be/Hyon.htm

Hyon/Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyon

 

 

 

21/10/2008

CANEMANIA 2008 - CANNES D'ART POPULAIRE - Louvre des Antiquaires - Paris

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CANEMANIA 2008

La 6ème conférence internationale des collectionneurs de cannes est terminée

Parallèlement à cet événement, une exposition de cannes d'Art Populaire s'est déroulée jusqu'au 15 novembre 2008 dans les salons du Louvre des antiquaires ; elle fut prolongée jusqu’au 31 décembre.

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CANEMANIA - Paris 017

Le Louvre des Antiquires - 2 Place du Palais Royal - Paris 1°

De nombreuses cannes de ma collection personnelle y étaient présentées.

Pour répondre à de nombreux messages, voici une série de photos qui vous permettront de les identifier dans le "catalogue".

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158-HJ5A2709 159-HJ5A2669 161-HJ5A2663143-HJ5A2770

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N'hésitez pas ...  contactez-moi pour tous renseignements.

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05/08/2008

LES CANNES D'ART POPULAIRE

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AP 138 c @

 

L'Art Populaire

 

André Breton, grand amoureux des arts premiers, collectionnait aussi l’art populaire qui, grâce à lui et à quelques esprits éclairés, est aujourd’hui de plus en plus recherché, commenté, exposé. Définir cet art n’est pas simple, et de nombreuses pièces estampillées « art populaire » ne le méritent pas. Ainsi, par exemple, des objets dits « forêt noire » ou des santons provençaux. Produits en nombre dans un but mercantile, ils ont cessé d’être des œuvres d’art pour devenir des productions artisanales, des bibelots touristiques. Un glissement que l’on rencontre également dans les arts premiers, où telle statuaire traditionnelle s’est muée au fil du temps en monnaie d’échange, perdant sa vocation première et aussi, malheureusement, l’essentiel de ses qualités esthétiques.

 

La qualité d’exécution des œuvres d’art populaire, leur finition, peut varier sensiblement. Dans certains cas, le travail est fruste, maladroit. L’inexpérience des auteurs ne les empêchera pas, cependant, d’atteindre régulièrement à la beauté, à la poésie. Dans d’autres cas, l’exécution témoigne d’un réel savoir-faire, voire d’une impressionnante maîtrise, le bagage technique d’un artiste ayant souvent pour origine le métier qu’il exerce ou a exercé à un moment de sa vie. Il n’est pas aberrant de croire que certaines parmi les plus belles cannes d’art populaire furent sculptées par des menuisiers ou des ébénistes, même si ce n’est certainement pas la règle.

 

L’une des caractéristiques essentielles de l’art populaire, partagée avec les arts premiers, est son ignorance des modes de représentation naturalistes. Méconnaissance de la perspective, rabattements dans le plan, mépris des proportions… On note aussi de nombreux exemples de « perspective morale », comme sur cette canne de berger ou un loup est représenté plus grand qu’un cheval, disproportion témoignant du sentiment éprouvé par l’auteur. Dans un célèbre relief égyptien, Ramsès II est un géant à côté de ses soldats. Le principe est le même : la taille du personnage est fonction de l’importance qu’on lui donne. Il est bon de rappeler ici que l’acquisition de la perspective linéaire, à la Renaissance, et des autres moyens visant à une représentation objective de la nature, est une conquête d’ordre scientifique. La valeur profonde d’un artiste n’a bien sûr rien à voir avec le fait qu’il maîtrise ou non ces moyens.

 

Il arrive que l’artiste populaire, s’inscrivant dans une tradition bien établie, doive respecter les canons esthétiques hérités des générations précédentes. C’est le cas des auteurs de marionnettes, de ceux qui façonnent les géants de carnaval... Mais il y a aussi de très nombreuses œuvres qui témoignent d’une création personnelle, indépendante de toute forme de contrainte.

 

La canne, objet individuel par excellence, est un domaine où la liberté d’expression, la fantaisie, ont pu s’exercer à plein. Les marins, les légionnaires, les bergers, les « poilus » de la Grande Guerre les ont sculptées dans les périodes d’oisiveté inhérentes à leur vie.Pendant des jours, des mois, parfois des années, un bâton va être sculpté minutieusement ; devenu un compagnon au quotidien, il est comme un carnet dans lequel l’auteur imprime ses états d’âme, sa solitude, ses angoisses et ses peurs, sa superstition et sa religion en un rébus souvent désordonné. En découvrant ces beaux objets, simples ou complexes, on imagine rarement la richesse des préludes à leur réalisation. Le choix d’un bois, d’une essence particulière, sa forme, son épaisseur prendront toute leur importance en fonction du projet. L’extraire du sol, parfois en gardant une partie des racines destinées au pommeau, le faire sécher lentement, l’écorcer soigneusement, tout ou partie.

Certains chefs-d’œuvre de l’art populaire,ont été façonnés ainsi, avec un simple couteau, dans un pâturage désolé ou le fond d’une tranchée.

 

 

 

 

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03:00 Écrit par Daniel Traube dans Art Populaire | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : canne, canne de collection, art populaire, art brut, art naïf, symbole, bois sculpté, traditions, travail de tranchée | |  Facebook | | Pin it! | | |